Construction de la Cathédrale Notre-Dame de Paris

La cathédrale Notre-Dame de Paris, vue de la façade sud le long de la Seine

La Cathédrale Notre-Dame de Paris est le monument par excellence représentatif d’un âge révolu. Issue directement du temps des chevaliers, des légendes et de la magie, elle est une sorte de porte dimensionnelle vers un passé lointain. Lointain ? Et bien… pas si lointain finalement.

Combien de temps pour la construire ?

Le 12 octobre 1160, Maurice de Sully est élu évêque de Paris et c’est à lui qu’on doit l’origine du projet « Notre-Dame de Paris ». Dès son investiture, il parle de restructuration et d’édification. C’est grâce à lui que, trois ans plus tard, la première pierre est posée, en présence du Pape Alexandre III. Nous sommes en 1163. Dans les 90 années qui suivirent, quatre grandes campagnes de travaux marquèrent cette période, sous la direction de quatre maîtres d’œuvre. Puis, de la fin du 13e siècle au début du 14e, les travaux sont repris par Jean de Chelles, Pierre de Montreuil, Pierre de Chelles, Jean Ravy, Jean le Bouteiller.

Presque 300 ans après le début de sa construction, Notre-Dame est proche de la version que nous connaissons aujourd’hui. La porte dimensionnelle refléterait donc notre histoire datant de 750 ans en arrière ? Et bien non, car elle sera à nouveau réaménagée au cours des 16e et 19e siècles.

Nous assistons à la construction d’un édifice qui se sera étalée sur 8 siècles. C’est un des points essentiels qui donne à Notre-Dame de Paris ce côté magique et intemporel. Et je pense que c’est précisément là une des raisons fondamentales de son succès : 13,5 millions de pèlerins et visiteurs par an. Le monument en France et peut-être d’Europe le plus visité. Cela signifie une moyenne de plus de 30 000 personnes par jour, soit un nouveau visiteur toutes les 3 secondes.

Des chiffres fantastiques

  • 21 hectares de chêne ont été nécessaires pour bâtir la charpente du monument
  • 1320 plaques de plomb pesant 210 000 kilos servent de toiture à l’édifice
  • La voûte s’élève à 33 mètres de haut, les tours à 69 mètres et enfin la flèche à 90 mètres
  • La cathédrale mesure 127 mètres de long
  • 113 fenêtres percent ses murs
  • Elle est constituée de 75 colonnes et piliers
  • Sa superficie totale est de 5 500 m² dont 4 800m² en intérieur.

Gargouilles et Chimères

Pour les voir de près, il faut gravir plus de 300 marches, là haut, partageant leur point de vue, l’un des plus beaux panorama de Paris. Semblant poser depuis des siècles, elles guettent, veillent, observent. Les tours de Notre Dame sont habitées par un petit monde fantastique peuplé de créatures légendaires, parfois monstrueuses… gargouilles et chimères, les célèbres sentinelles silencieuses de la cathédrale. Toutes singulières, ces figures animales ou humaines ont une fonction différente. Les gargouilles, elles, jouent un rôle pratique permettant l’évacuation de la pluie, tout un symbole. L’eau était une force du mal. La force démoniaque de cette eau qui envahit, casse et noie. Il fallait donc les éloigner le plus possible de la cathédrale, d’où cette idée de bras pour sortir l’eau loin des murs et éviter qu’elle détruise les constructions. Une symbolique que l’on retrouve aussi avec les chimères qui sont purement décoratives. Dans lesquelles on lit bien le combat des ténèbres et de la lumière, l’opposition du bien et du mal, le triomphe sur la mort. Ce caractère d’opposition est l’expression du péché et du mal. Gargouilles et chimères, même interprétation du combat contre les assaut du mal. Les gargouilles restaurées existaient déjà au moyen-âge.
Les gargouilles de Notre-Dame sont célèbres. Elles ont été mises en place à l’extrémité des gouttières pour évacuer l’eau de pluie de la toiture et ne désignent que la limite des conduits d’écoulement des eaux. Comme elles dépassent dans le vide, les masses d’eau, parfois impressionnantes, des averses sont rejetées loin des murs de la cathédrale qui ainsi ne s’abîme pas. Qui aurait cru que ces gargouilles n’étaient rien d’autre, à la base, qu’un simple élément utilitaire et décoratif ayant pour but de faire traverser les âges à la Dame de Paris ? Et bien, mission réussie chères Gargouilles !

Gargouille qui permet d'évacuer l'eau

Les chimères, par contre, statues fantastiques, diaboliques et souvent grotesques, n’ont qu’un objectif décoratif. On les retrouve en haut de l’édifice au sommet de la façade, au niveau de la balustrade qui couronne la galerie supérieure reliant les deux tours et se prolongeant sur leurs quatre faces, la Galerie des chimères. Tous les angles de cette balustrade servent de support ou de perchoir à des démons, des monstres et des oiseaux fantastiques. Ces éléments n’existaient pas au Moyen Âge et sont des ajouts incorporés au 19e siècle. Ces petites touches ajoutées au cours du temps ont contribué à donner cet aspect intemporel à la plus grande des Dames de Paris.

Chimères Notre Dame de Paris

Les chimères, quant à elles, sont un pur produit de la restauration du 19è siècle. Signature, l’architecte : Eugène Viollet-le-Duc. Tout pétrit de cet esprit médiéval, il s’inspire du moyen-âge, mais on peut dire que ce sont des oeuvres issues de sa créativité et, en cela, on le voit qu’il n’a pas été un simple restaurateur. La plus célèbres des chimères et la Stryge, monstre fabuleux qui ne se lasse pas d’examiner la capitale.

Chimères Notre Dame : La Stryge

D’emblée, elle a impressionné l’imaginaire collectif. La République les a tout de suite adopté et elles sont constitutives de Notre-Dame de Paris, bien qu’elles n’étaient pas présente à l’époque médiévale.

Conclusion avec les mots d’un parisien

Notre Dame de Paris… Comment conclure en quelques lignes quand on parle de l’une des œuvres les plus marquantes de l’histoire de l’humanité. Par où commencer ? Je pense que ces petits mots qui lui sont adressés feront l’affaire et lui rendront l’hommage qui lui revient de droit :

Vous êtes majestueuse, la plus grande des plus grandes. Les Dames de la haute société n’ont qu’à bien se tenir car vous ne sombrerez pas. Depuis près de mille ans, vous surveillez Paris et vous vous assurez que la ville continue de refléter en elle votre magie, votre esthétisme et votre splendeur. C’est chose faite ma Dame. Paris vous fait honneur et vous admire en implorant votre grâce. Pour ma part, vous incarnez notre religion, notre art, notre savoir-faire, notre histoire, notre grandeur et notre futur. Je suis parisien et vous remercie. Je m’endormirai ce soir en sachant que vous continuerez toujours à veiller sur moi.

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